Mon premier semi-marathon

Ca y est, l’objectif que je m’étais fixé il y a quelques mois est passé : depuis dimanche 1er octobre, je suis semi-marathonienne. Petit retour sur cette expérience, un retour qui va probablement faire quelques centaines de lignes, vu les choses que j’ai à raconter à propos de l’avant semi et du semi !

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Courir, ça n’a jamais été une évidence pour moi, c’était même tout sauf ça. Aux cours d’éducation physique à l’école, je rechignais dès que de la course à pied était au programme et une fois qu’il fallait passer à l’action, je crachais mes poumons après 200 m (je marchais même dès que j’étais en dehors de la vue du prof, c’est dire…). Et puis j’ai débarqué sur Instagram il y a quelques années et j’admirais celles qui partageaient leur quotidien de runneuse.

Puis en mars 2017, je suis invitée par Disney à découvrir en exclusivité le parcours des 5 km de RunDisney (je vous raconte d’ailleurs tout ça ici), je me mets donc à courir 3 semaines avant l’événement, histoire d’être capable de courir ces 5 km. Et après ? Après je continue, hyper motivée et boostée par le super week-end que c’était, j’envisage même de courir le semi-marathon de Disney mais je me ravise rapidement, je n’ai actuellement pas les moyens pour le dossard, le voyage et le logement. En revanche, l’idée de faire un semi est plantée et germe malgré tout dans ma tête… Je décide donc de participer au semi-marathon de Bruxelles qui aura lieu le 1er octobre, non sans réflexion : est-ce que j’en suis capable ? N’est-ce pas un fou comme premier objectif ? Je ferais sans doute mieux de participer à des courses plus petites d’abord, 5 km et 10 km avant de passer directement à un semi ? Qu’importe ! J’ai envie de me dépasser, j’ai envie de me challenger, j’ai envie de me prouver quelque chose, j’ai envie de faire un truc un dingue.

J’embarque les copines parisiennes Lilly, Jodie et Sofia qui répondent à l’appel et c’est parti ! Le 16 mai, mon inscription est faite, plus de retour possible. Je me cherche un petit plan de préparation. Aucune pression n’est mise, si ce n’est celle de le finir ; je ne vise pas de chrono, je suis débutante, je m’en fous du temps, je veux juste le faire. Ma copine Lilly me trouve un plan adapté à mon niveau, je prévois de le commencer début juillet, ce qui me fait donc 3 mois pour me préparer et être au top !

MAIS…eh oui, il y a un mais, tout ne se passe pas comme prévu. Je crains une périostite, du coup je me repose presque 10 jours fin du mois de juin. Début du mois de juillet, des soucis personnels font que je ne mange presque pas pendant 3 semaines, je ne m’entraine donc pas non plus, ce serait impossible et le coeur n’y est pas. Je reprends début août, muscu et run ; pas une bonne idée, je me ramasse de grosses courbatures avec mes séances de musculation qui entachent pas mal mes séances de run.

Le mois de septembre arrive et, j’ai zéro préparation ; je remets tout en doute, je n’ai jamais couru plus de 11km, comment pourrais-je en faire le double ? Tant pis, je m’y mets à fond pendant les 4 semaines qu’il me reste : je me fixe 3 sorties par semaine, un fractionné sur tapis, une sortie tranquillou et une sortie dite longue. J’ai pas de souffle donc je suis quasi tout le temps au-delà de mon EF et je doute, je doute, je doute tellement. Durant ces semaines, pas le choix, je sors courir, même s’il pleut (et il a beaucoup plu!), ça forge mon mental et ça me remet un petit coup de boost ; si j’arrive à courir 10 km seule sous la pluie battante, je VAIS courir 21 km avec des gens et mes copines. Deux semaines avant le jour J, je fais ma dernière sortie « longue », 13 km ; je n’ai jamais couru autant et le dernier km était difficile, voilà qui me remet le doute concernant ma capacité à finir le semi-marathon.

Samedi 30 septembre. Je retrouve les copines Lilly et Sofia à la gare du Midi à 13h50. On va au Airbnb déposer nos affaires et direction le Parc du Cinquantenaire pour récupérer nos dossards. Je suis impatiente et en même temps, je me pisse dedans. On passe une journée complètement décalée : on dîne (déjeune, pour la version France) à 16h30, on se balade dans le centre, on fait quelques boutique. A 19h30 on se retrouve chez Dandoy pour manger une bonne gaufre, on fait des courses, on rentre à l’appart et on soupe (dîne, pour la version France) à 22h : une bonne assiette de pâtes ! Minuit, on se couche. Je dors mal, je me réveille sans cesse et en plus je rêve du semi : je le cours sans problème et je trouve même ça facile. Je me réveille et me rend compte que le semi n’a pas encore eu lieu et qu’il faut encore le courir, haha !

Dimanche 1er octobre. 7h30, le réveil sonne. Je suis EXCITEYYYY et stressée. On prépare du porridge, on mange, on se douche et on range nos affaires. On se met en route pour le Parc du Cinquantenaire à 9h30, départ prévu à 10h30. On dépose nos sacs dans les camions prévus, un passage aux toilettes et on se chauffe mentalement (enfin moi, surtout). On se met dans le dernier bloc de départ, j’ai pas une allure de dingue et je compte pas faire péter le chrono.

1-5 km : ça y est, on est parties, j’ai la patate ! Les premiers kilomètres se passent bien, je cours plus vite que ce dont j’ai l’habitude, l’euphorie, les copines et les autres coureurs me donnent des ailes, c’est super agréable. Vers le kilomètre 4 on arrive sur l’Avenue Louise et on se tape des tunnels avec descente/montée, c’est pas mon kiff du tout, je râle un peu dans ma tête et je me demande déjà comment je vais faire pour ne pas marcher dans les côtes. J’ai un peu peur que ma FC monte dans les tours et de me retrouver complètement essouflée ; elle est aux alentours de 180 bpm, d’habitude quand je suis vers 165-170 bpm je me sens sans souffle mais ici, non. OUF. Les copines sont là, on papote, enfin elles papotent surtout je pense, moi j’écoute et je dis quelques mots de temps en temps.

5-10 km : on dépasse l’ULB, on longe le bois de la Cambre. Les souvenirs sont flous, je crois que c’est en légère pente, puis un peu plat, ça monte légèrement puis plat, je ne sais plus. Tout se passe bien, je me sens étrangement bien, je rigole avec les copines, je kiffe le moment. Le parcours est très agréable ici. J’ai mon Camelbak, depuis le début, j’essaie de boire un peu tous les kilomètres, je suis les conseils avisés de Lilly et je grignote quelques fruits secs avant de choper une demi-banane au kilomètre 10.

10-15 km : j’ai pas grand chose à raconter, ça se passe bien, mes jambes me portent, j’ai un rythme assez régulier et mon souffle suit. Ma FC est toujours aux alentours de 170-175 bpm mais tout roule. J’ai pas encore marché et je suis déjà méga fière. On dépasse le kilomètre 13 et ça y est, je me dis déjà mentalement que j’ai dépassé le maximum que j’avais jamais couru auparavant : le reste ce sera au feeling total, aux sensations.

15-20 km : au kilomètre 15 environ, notre parcours rejoint celui du marathon et j’aperçois les courageux qui ont pris le départ à 9h. Certains sont dans le mal, la douleur se lit sur leur visage et d’autres semblent frais comme la rose, je suis impressionnée. Je savais qu’une fois que nos parcours se rejoignaient, on arrivait à l’Avenue de Tervuren, une longue côte d’1km500 nous attend, je la redoutais celle-là. La côte est légère mais elle est longue, je commence à avoir mal aux genoux, je ne dis pas grand chose, je me concentre sur ma respiration et je regarde droit devant moi. Les copines m’encouragent et saluent mon rythme soutenu, Sofia me dit même que j’ai la même tête qu’au 5e km, quel compliment 😀 J’en vois plusieurs qui marchent, je me dis que je terminerai peut-être aussi la côte en marchant moi aussi mais je tiens bon, je ralentis mais je ne marche finalement pas du tout. On arrive bientôt au Parc du Cinquantenaire, on voit les belles arcades, mais ce n’est pas encore l’arrivée ! On traverse le parc et on finit par repasser sous l’arche de départ, on reprend le même parcours qu’au départ. Au kilomètre 19, une nouvelle côte : eh merde, je l’avais quasi pas remarquée au départ mais là je la sens bien, je m’en serais bien passée. Mes jambes commencent à être lourdes, je pense que si j’étais seule, je serais en train de marcher mais Lilly me booste à fond et je la termine en courant toujours.

20-22 km : en haut de la côte, on longe le Parc de Bruxelles et on entame la descente sur la Rue de la Loi. On aperçoit ceux et celles qui ont déjà terminés et qui remontent, ils nous encouragent. Je suis dans le mal, même si ça descend, mes jambes commencent à dire merde, je suis impatiente d’être à l’arrivée, c’est proche et en même temps ça me parait tellement loin. On descend, on descend, il y a de plus en plus de monde qui scandent des encouragements. On arrive à la Grand Place, j’ai envie d’accélérer mais la route est pavée et je crains de trébucher tellement je n’arrive presque plus à décoller mes pieds. La fin se profile. On débouche sur le Boulevard Anspach, le petit tapis rouge est là, il n’y a pas grand monde sur le chemin mais la foule est là. C’est presque gênant, j’ai l’impression que tous les regards sont rivés sur moi et sur ma douleur mais tant pis. J’accélère, les filles m’attrapent les mains pour un sprint et on passe la ligne d’arrivée à trois. Je l’ai fait. Je m’arrête presque net (à tort), j’ai mal, j’ai mal au dos, j’ai mal aux jambes, je me sens presque vasciller mais ça y est, c’est fini, j’ai fini, on a fini.

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Je n’ai pas pleuré sur le moment mais j’ai les larmes ici en écrivant ces dernières lignes. Je crois que je ne me rends toujours pas compte : j’ai commencé la course à pied il y a 6 mois, j’ai eu une préparation quasi inexistante et j’ai couru ces 21,095 km (et même plus, car ils ont bien cafouillé sur le parcours je pense) sans m’arrêter, sans marcher une seule fois. Même si je n’avais pas de chrono en tête, je pensais le faire en 2h40, voire plus et au final, je l’ai fait en 2h34 (temps officiel), me voilà comblée. Une première expérience incroyable, je crois que je n’aurais pas pu rêver mieux : en compagnie des copines, Lilly et Sofia (ainsi que Jodie par la pensée, qui n’a pas su venir finalement).

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Au final, le semi m’a semblé presque « facile », peut-être parce que je l’avais imaginé pire ou peut-être parce que je me sous-estime sans cesse ; c’est d’ailleurs peut-être l’après qui est difficile. La douleur des muscles, l’épuisement du corps, la chute d’endorphines,… depuis 2 jours je suis un gros paquet d’émotions qui a envie de pleurer constamment sans raison apparente. Je n’ai qu’une hâte : que mon corps se remette vite de cet effort pour que je puisse retourner courir et me fixer un nouvel objectif !

C’est rare quand cela m’arrive mais je suis fière de moi. Je terminerai ce long récit en vous encourageant à croire en vous, peu importe ce que vous voulez accomplir. Fixez vous un objectif et vous y arriverez.

Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. (Johann Wolfgang von Goethe)

 

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. marshmalilly dit :

    Ooooh 😥 tu m’as presque fais lâcher ma larme ! Que je suis fière fière fière de toi ❤ Vraiment, bravo !

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    1. delici0uslyhealthy dit :

      Ooooh 🙈 Merci poulette, et encore merci à toi pour tout ✨

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